Savez- vous que Barjavel a écrit « Les Chemins de Katmandou » en 1969 ? Nous, nous les avons parcourus.
Il me faut conter mes aventures. Vite avant qu’il ne soit trop tard. La mémoire est faible et sélective et la rentrée brise toujours un peu le charme des vacances, surtout quand on les a passées sur les cimes du bout du monde. Alors rassemblons nos souvenirs, creusons un peu et retournons pour un temps dans l’univers népalais. Essayons de ne pas travestir la vérité et restons fidèle au récit. Rien que le récit.
Voyez, sur le moment c’était difficile de marcher, de faire du vélo, du raft etc, la nourriture n’était pas à la hauteur des montagnes, bref on a trimé. Mais de retour au pays natal, on ne peut que se féliciter d’avoir tracé notre route sur les sentiers. Gloire à nous, alors, à notre vaillance, et comme le dit la chanson « faut du courage ».
Du courage, nous en avons eu. Nous n’avons pas bronché, nous avons marché, monté des heures durant, traversé des rivières sur des ponts suspendus, croisé des maoïstes déguisés en villageois, tourné autour de moulins à prières, dormi dans des lodges sur des lits durs, grelotté dans nos duvets, dansé avec des Népalaises àune haute altitude, mangé des mars et des snickers périmés, failli rencontrer le yéti, fait la prière en népalais. Nous avons même vu des crémations dans un lieu de culte près de Katmandou, ce qui m’a valu une expérience mystique la nuit qui a suivi. Nous avons croisé des vendeurs ambulants dans le lacis des ruelles de Katmandou qui nous ont refilés leur camelote, des bouddhas, des drapeaux de prière, des bols. Pas de bol. Nous avons mangé dans des bouges, des bouis-bouis, des estaminets…. Nous avons dormi en face de l’Himalaya et flirté avec les neiges éternelles, nous avons rafté dans les remous d’une rivière diaphane, nous sommes montés sur un bus pétaradant à 100 à l’heure, nous avons traversé des champs en terrasse, croisé des gamins en uniforme arpentant la montagne pour regagner leur école, nous avons percé les nuages à plus de 3600 mètres d’altitude…
Ces souvenirs en vrac, c’est notre vie, notre accélérateur de vie, notre voyage. Que du vécu, que du sport, de l’émotion. Tout ce qu’il nous est impossible de vivre à Paris.
Maintenant, je suis dans mon bureau, devant mon ordinateur et me demande quandje vais bien pouvoir repartir, m’envoler vers d’autres horizons.